Peter Eötvös met en musique un opéra sur l'exorcisme, l'amour et le diable

2010. szeptember 28. 9:38
Le livret de Kornel Hamvai a beaucoup édulcoré les saveurs du „réalisme magique” de Garcia Marquez.

„Comme chaque année depuis neuf ans, le festival Musica, à Strasbourg, présente en collaboration avec l'Opéra national du Rhin la création d'un opéra contemporain. Il y a eu entre autre le Richard III de Giorgio Battistelli, The Tempest de Thomas Adès, L'Autre côté de Bruno Mantovani ou Jakob Lenz de Wolfgang Rihm. Cette fois, il s'agit de la création française de l'avant-dernier en date des ouvrages lyriques du Hongrois Peter Eötvös, Love & Other Demons, d'après la nouvelle de Gabriel Garcia Marquez, Del amor y otros demonios. On attendait beaucoup de cette production venue du Festival de Glyndebourne, où elle fut créée, le 10 août 2008, sous la direction du directeur musical maison, Vladimir Jurowski. On attendait plus encore du compositeur de Trois soeurs (1998) et d'Angels in America (2004), voire du Balcon (2002) ou de Lady Sarashina (2008).

Le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, a avoué, à l'issue de la première du 25 septembre, »ne pas connaître Peter Eötvös, mais la surprise est d'autant plus belle«. Le Hongrois est pourtant loin d'être un inconnu en France, où il a exercé, de 1979 à 1991, les fonctions de directeur musical de l'Ensemble Intercontemporain, succédant à son fondateur Pierre Boulez. Ces dix dernières années, il a accédé au gotha des compositeurs d'opéras, à l'instar d'un Philippe Boesmans, d'un Salvatore Sciarrino, d'un John Adams et, dans une mesure plus fragmentaire, d'un Pascal Dusapin.

Cet opéra raconte l'histoire d'une jeune marquise de 12 ans, mordue par »un chien gris avec une pleine lune sur le front«, soupçonnée d'être possédée par le diable et qui à son tour possède le prêtre qui doit l'exorciser et qui tombe amoureux d'elle. Ce que l'on entend révèle un artisanat haut de gamme. Rompu à toutes les formes d'écriture vocale, qu'elles procèdent du cri, du »bel canto« (comme Eötvös s'en réclame), de la prosodie grégorienne ou de vaporisations de Scarlatti. Rompu à la science d'une orchestration particulièrement soignée aux couleurs sonores irisées, notamment dans les passages lents d'une grande sensualité, que la direction de Eötvös lui-même, à la tête de l'Orchestre philharmonique de Strasbourg, rend encore plus lisible tant il semble sculpter la partition en temps réel.”

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